Le monde de la finance internationale vient d’assister à l’une des déclarations les plus fracassantes de la décennie. Connu pour ses paris visionnaires et parfois démesurés, le grand patron du géant de l’investissement SoftBank a jeté un pavé monumental dans la mare en comparant la révolution de l’intelligence artificielle à l’avènement d’Internet.
Cette prise de parole exclusive s’accompagne d’un séisme économique sans précédent pour l’Europe. L’homme qui avait investi très tôt dans Alibaba s’apprête à injecter des sommes astronomiques pour transformer radicalement le paysage technologique européen, balayant d’un revers de main les craintes d’une bulle spéculative.
Une révolution cinquante fois plus puissante que les années dot-com
Lors d’une interview exclusive accordée à CNBC depuis Paris, le PDG de SoftBank, Masayoshi Son, n’a pas mâché ses mots. Selon lui, la vague technologique actuelle liée à l’intelligence artificielle est au minimum dix fois, et plus probablement cinquante fois plus gigantesque que la bulle Internet des années 2000.
“Il s’agit de la plus grande révolution technologique et de la plus grande prise de conscience que l’humanité ait jamais connue”, a martelé le milliardaire japonais. Pour lui, nous n’en sommes qu’aux balbutiements absolus d’une transformation qui va redéfinir chaque aspect de la société moderne.
Face aux sceptiques qui redoutent un krach imminent des valeurs technologiques, Son a balayé les doutes avec une perspective historique. Il rappelle que l’explosion de la bulle spéculative des années 2000 n’a finalement été qu’un léger soubresaut sur une courbe de croissance à très long terme.
Le précédent historique de 1929 comme boussole financière
Pour appuyer sa vision à contre-courant, le patron de SoftBank a tracé un parallèle audacieux avec la grande crise de 1929 survenue à Wall Street. Il rappelle que lors de ce krach historique, les actions liées à l’automobile et à l’électronique s’étaient littéralement effondrées.
Pourtant, malgré cet accident industriel majeur, ces deux secteurs ont connu une croissance ininterrompue et phénoménale pendant les cent années qui ont suivi. L’histoire économique tend à prouver que les technologies de rupture survivent toujours aux tempêtes boursières.
Masayoshi Son concède qu’une correction technique des marchés reste tout à fait possible à court terme. Loin de l’effrayer, le milliardaire affirme qu’une baisse des cours constituerait pour lui la plus belle opportunité d’investissement de toute sa carrière.
Le hold-up à 75 milliards d’euros pour coloniser la France
Cette confiance aveugle dans l’avenir de l’IA s’est traduite par une annonce concrète qui a stupéfié les observateurs européens. SoftBank va investir la somme colossale de 75 milliards d’euros (environ 87 milliards de dollars) pour bâtir les infrastructures de l’intelligence artificielle sur le sol français.
Ce projet pharaonique prévoit le déploiement d’une capacité titanesque de 5 gigawatts de centres de données ultra-rapides d’ici 2031. Le cœur de cette infrastructure se situera dans la région des Hauts-de-France, avec des implantations majeures déjà ciblées à Dunkerque, Bosquel et Bouchain.
L’objectif affiché par SoftBank, lors d’une conférence de presse commune avec le président français Emmanuel Macron, est de faire de la France le centre névralgique de l’IA en Europe. À la suite de cette annonce historique, le titre du groupe coté à Tokyo a bondi de 14 %.
L’astuce financière de SoftBank pour ne pas vider ses caisses
Déployer des dizaines de milliards d’euros sans mettre en péril sa propre trésorerie est un art que Masayoshi Son maîtrise à la perfection. Le groupe japonais n’utilisera qu’une quantité très limitée de ses propres capitaux pour mener à bien ce projet d’infrastructure.
SoftBank s’appuiera massivement sur des mécanismes complexes de financement de projet, un modèle qu’elle applique déjà avec un immense succès aux États-Unis sur son projet géant de 10 gigawatts dans l’Ohio. La clé du succès repose sur la signature de contrats d’achat à long terme avec de grands clients industriels.
L’investisseur se dit pleinement confiant dans sa capacité à décrocher d’immenses volumes de commandes auprès des entreprises avec lesquelles il entretient déjà des relations de confiance. Pour concrétiser cette ambition, SoftBank s’est associée au géant français de l’ingénierie Schneider Electric pour implanter un pôle de production industrielle de grande envergure à Dunkerque.
OpenAI et le mystérieux projet Stargate en embuscade
Cette offensive européenne est le prolongement d’une stratégie globale mûrement réfléchie. SoftBank s’est déjà alliée l’année dernière avec la start-up OpenAI dans le cadre du projet secret Stargate, une coentreprise visant à bâtir des infrastructures d’IA monumentales aux États-Unis.
Interrogé sur les risques d’une trop grande dépendance de son portefeuille vis-à-vis du créateur de ChatGPT, Son a balayé les inquiétudes des analystes. OpenAI ne représente qu’un peu plus de 20 % de la valeur nette des actifs du groupe japonais.
Le véritable trésor de guerre de SoftBank reste la firme britannique de semi-conducteurs Arm, qui pèse à elle seule plus de 50 % de la valeur du groupe. Le milliardaire a réitéré sa certitude quant au succès futur d’OpenAI, alors que des rumeurs de plus en plus insistantes évoquent une introduction en bourse imminente pour la start-up de Sam Altman.
L’Europe face au défi de la souveraineté numérique
L’arrivée massive des capitaux japonais en Europe souligne l’urgence pour le Vieux Continent de combler son retard en matière de puissance de calcul. Sans ces usines de données de nouvelle génération, l’Europe risquerait de devenir totalement dépendante des technologies américaines et chinoises.
Le choix de la France comme hub européen démontre que l’accès à une énergie stable et décarbonée est devenu le nerf de la guerre pour l’intelligence artificielle. Les centres de données de SoftBank auront besoin de lignes d’alimentation massives pour faire tourner les puces graphiques de dernière génération.
Cette course à l’infrastructure va générer des milliers d’emplois hautement qualifiés dans les régions concernées. Elle va également attirer dans le sillage de SoftBank tout un écosystème de start-ups et de chercheurs désireux de travailler au plus près des machines de calcul les plus rapides de la planète.
Le grand saut vers l’inconnu technologique
Les déclarations enflammées de Masayoshi Son confirment que la guerre de l’intelligence artificielle ne fait que commencer. En engageant des sommes qui dépassent les budgets de certains États, le magnat de la tech prend un pari historique sur l’avenir de l’humanité.
Si sa vision s’avère exacte, les infrastructures en cours de construction en France seront les fondations de l’économie de demain. La transition vers un monde entièrement guidé par les algorithmes s’accélère, et SoftBank compte bien en être le maître d’œuvre incontesté.

